jeudi 12 mars 2009

Pilzen, République Tchèque, 2005-2007



Plzeň est le chef-lieu de la région du même nom, en République tchèque
Sa population s'élevait à 169 033 habitants en 2015.
La ville est située au confluent de quatre rivières: Úhlava, Úslava, Radbuza et Mže. Elle se trouve à 86 km au sud-ouest de Prague.
Plzeň s'inscrit aussi dans l'histoire du combat contre le communisme. Le 1er juin 1953, Plzeň est le théâtre de la première manifestation de masse contre le communisme de tout le bloc soviétique.
De nos jours, Plzeň reste un centre industriel, commercial, culturel et administratif important. De nombreux étudiants sont inscrits à l'Université de Bohême de l'Ouest, dont les locaux sont dispersés dans plusieurs bâtiments de la ville.
Le 8 septembre 2010, un jury annonce que Pilsen est devenu Capitale européenne de la culture pour l'année 2015. En finale, la ville avait affronté Ostrava.







La place et les rues à proximité de la ville forment un centre architectural gothique qui est classé parmi les réserves de Monument historique (Tchéquie).


La Banque a soutenu la réorganisation du paysage urbain de Pilsen qui se préparait à devenir la capitale européenne de la culture en 2015. Un prêt de 2 milliards de CZK (75 millions d'EUR) a permis à la ville d'améliorer son attrait pour les touristes. De nombreux projets ont été financés, notamment la construction d'un nouveau théâtre qui sert de centre culturel pour cette cité bouillonnante et qui a accueilli le lancement officiel de l'opération Capitale européenne de la culture en janvier 2015.

Prague, République Tchèque, 2005-2006



Prague est la capitale et la plus grande ville de la République tchèque. Elle est à la fois l’une des quatorze régions de la République tchèque, le chef-lieu de la région administrative de Bohême-Centrale et la capitale de la région historique de Bohême. Elle est traversée par la Vltava (Moldau en allemand).
Prague est située en plein cœur de l'Europe centrale. Elle fut par le passé capitale du royaume de Bohême, du Saint-Empire romain germanique et de la Tchécoslovaquie (ČSR, ČSSR et enfin ČSFR). La ville aux mille tours et mille clochers (qui est encore la caractéristique architecturale de la ville) a miraculeusement échappé aux destructions de la Seconde Guerre mondiale et offre une architecture mêlant les styles préroman, roman, gothique, baroque, rococo, Art nouveau et cubiste. En 1968, le Printemps de Prague et l'écrasement du « Socialisme à visage humain » par les troupes de l'URSS et du pacte de Varsovie ont profondément marqué les Praguois et inspiré la culture des années 1960-1980. Depuis 1992, le centre ville historique est inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO.








Prague est la cinquième région urbaine la plus riche de l'Union européenne. Le contexte économique national est également plutôt favorable car la République tchèque est, avec les Pays-Bas, le pays où le taux de pauvreté est le plus bas d'Europe: il s'établit à 10 % de la population, contre 16 % de moyenne pour l'Union européenne. Prague fait partie des villes mondiales Alpha - (villes globales) d'après le classement GaWC de l'université de Loughborough.

Bratislava, Slovaquie, 2005



Bratislava connue aussi historiquement sous le nom de Pressburg. Elle a été connue en français sous le nom de Presbourg et Posonie. Elle est la capitale de la Slovaquie indépendante depuis 1993.
Bratislava est située au sud-ouest du pays, juste à la frontière avec l'Autriche à 60 km de Vienne) et avec la Hongrie (à une dizaine de kilomètres), et à proximité de la frontière avec la République tchèque. Peuplée de 415 600 habitants, elle est la plus grande ville de Slovaquie. Les Carpates commencent sur le territoire de la ville (Malé Karpaty, «Petites Carpates»). Elle est traversée par le Danube. Bratislava est le siège de la présidence, du parlement et du gouvernement slovaques. Dans la ville, il y a des universités, beaucoup de musées, théâtres et d'autres institutions culturelles. La ville était traditionnellement influencée par plusieurs nations (les Autrichiens, Hongrois, Slovaques...).

Le 1er janvier 1993, la ville devient la capitale de la nouvelle République slovaque consécutive à la dissolution de la fédération Tchécoslovaque, ce qu'on appelle le Divorce de velours.












Le Centre d'affaires Apollo II
L'idée principale est de créer un nouveau quartier de ville et de transformer la partie industrielle de l'ancienne usine de voitures en un lieu qui offre à ses habitants non seulement un environnement de travail, mais aussi des espaces de détente agréables. Apollo BC II a voulu rassembler le règne de l’ère moderne et celui de la nature, la ville et le parc au sein d’un lieu devenu très rapidement populaire, incitant, invitant les personnes à s’arrêter un instant, à passer du temps avec les personnes de son entourage.
Urban Concept est construit sur le réglage dynamique de bâtiments cotoyant la verdure créant un espace central clos par des façades particulières de bâtiments permanents établissant un rapport de proximité. Ceux-ci sont facilement identifiables pour les personnes en raison de leur coloration spécifique et ensemble ils créent un complexe urbain. La formation de cet espace intérieur, plein de vert, jouant avec le terrain accidenté, agit en contraste avec les silhouettes épurées des immeubles de bureaux, et crée l'harmonie entre le travail et les loisirs. La composition architecturale et paysagère qui s’exprime avec vivacité se conjuguent au travers d’interventions douces, selon les principes du Feng Shui. Le but étant de créer une composition harmonieuse où se fond le centre d’affaire dans un environnement calme, propice à la dissipation de tout générateur de stress, apportant le réconfort et la paix aux employés, aux habitants et visiteurs du quartier.


Gyor, Hongrie, 2005

Budapest, Hongrie, 2005-2008




Szeged, Hongrie, 2006


Timişoara, Roumanie, 2006


Trencin, Slovaquie, 2007



Zadar, Croatie, 2007


Split, Croatie, 2007


Dubrovnik, Croatie, 2007


Mostar, Bosnie Herzegovine, 2007


Cracovie, Pologne, 2008


jeudi 12 février 2009

Ukraine août 2008

La ville de Lviv, fondée à la fin du Moyen Âge, s''est épanouie en tant que centre administratif, religieux et commercial pendant plusieurs siècles. Elle a conservé virtuellement intacte sa topographie urbaine médiévale, et en particulier la trace des communautés ethniques distinctes qui y vivaient, ainsi que de magnifiques bâtiments baroques et plus tardifs.
Par son tissu urbain et son architecture, Lviv est un exemple exceptionnel de la fusion des traditions architecturales et artistiques de l’Europe de l’Est avec celles de l’Italie et de l’Allemagne.
Le rôle politique et commercial de Lviv a attiré un certain nombre de groupes ethniques aux traditions culturelles et religieuses différentes, qui ont établi des communautés distinctes et pourtant interdépendantes au sein de la ville, dont la preuve transparaît toujours dans le paysage urbain.

La vieille ville, entourée de murs, se situait au contrefort du Haut Château et de la rivière Poltva. Au XIIIème siècle, cette rivière était utilisée pour le commerce et le transport de biens. Mais au début du XXème siècle, la rivière devenant de plus en plus polluée, il fut décidé de la recouvrir et de la faire passer sous la vieille ville. L'artère centrale de Lviv, l'avenue de la liberté (Prospekt Svobody), ainsi que le fameux opéra de Lviv se trouvent juste au-dessus de la rivière souterraine.

Dossier : "Lviv, une ville en devenir" Par Arkady JOUKOVSKY Le 01/11/2000

Ville ukrainienne d'importance internationale, Lviv est aussi connue sous les noms de Leopolis (latin), Lemberg (allemand), Lwów (polonais) et Lvov (russe).

Historiquement, capitale de la Galicie et de l´Ukraine occidentale, Lviv est aujourd'hui la capitale d'une oblast (région). Importante métropole culturelle, religieuse et politique de l'Ukraine, dont elle est la septième ville avec ses 830 000 habitants et ses 155 km2, elle doit son développement entre autre à sa situation géographique: située à l'intersection des voies menant du Nord au Sud, -de la Baltique à la mer Noire-, et de l'Est à l'Ouest, -de Kyïv à l'Europe centrale-, elle fut en outre moins exposée aux invasions des peuples nomades.

La période ruthène: la Principauté de Galicie-Volhynie
Lviv fut fondée au milieu du XIIIème siècle par le prince de Galicie-Volhynie Danylo Romanovytch, non loin de la ville de Zvenyhorod, rasée par les Tatars. Le prince Danylo baptisa la nouvelle ville du nom de son fils Lev (lion en ukrainien). La ville de Lviv fut mentionnée pour la première fois dans la Chronique de Galicie-Volhynie en 1256, puis en 1259, lorsque le khan Burundai ordonna à Danylo de détruire le château de Lviv, Vysokyi Zamok. Dans les années 1260, sous le règne de Danylo, Lviv devint la capitale de la Principauté de Galicie-Volhynie et le restera jusqu'à la fin de l'existence de cet Etat, en 1349. Après le déclin de Kyïv (1240), Lviv devint la ville la plus importante de l'Ukraine, entretenant des relations culturelles et économiques avec l'Occident.
A l'époque princière, le territoire de Lviv était peu étendu: situé sur la rive droite de la rivière Poltva, il comprenait la partie centrale, le château sur les hauteurs entouré d'importantes fortifications -la cité intérieur -, et la cité extérieure, non fortifiée. La ville comptait alors de 2000 à 3000 habitants; à côté des Ukrainiens, y vivaient aussi des Allemands, des Polonais, des Arméniens, des Juifs, des Tatars, des Hongrois et des Caraïtes. Il y avait 10 églises orthodoxes, 3 églises arméniennes et 2 églises catholiques. De cette époque datent les rues dites des Arméniens, des Tatars, ainsi que le cimetière juif.

La période polonaise (1349-1772)
Après la disparition des derniers princes ruthènes (1340), Lviv fut conquise en 1349 par Casimir III et devint la capitale du "Regnum Russiae", pays annexé à la Pologne. De 1370 à 1387, la ville demeura sous le condiminium polono-hongrois. En 1356, Casimir III accorda à Lviv le droit de Magdebourg, ce qui encouragea l'arrivée de colons allemands et polonais, essentiellement des commerçants et des artisans.
Dans la seconde moitié du XIVème siècle, le coeur de la ville se déplaca vers le sud, dans la vallée de la Poltva, protégé par des remparts. Le long des voies de communication s'étendaient les faubourgs sans enceinte fortifiée et donc exposés aux invasions des Tatars (1438) et des Turcs (1498). Une partie de la ville fut détruite par un grand incendie en 1527. Durant cette période, plus de 50 églises orthodoxes et catholiques furent érigées à Lviv. La ville acquit un caractère principalement commercial et artisanal. Ses foires devinrent célèbres. Les artisans se groupaient en corporations (au XVIIe siècle, on en comptait 30, avec plus de 500 maîtres).
Jusqu'au début du XVIe siècle, Lviv avait les traits d'une ville allemande: les Allemands contrôlaient l'administration de la ville. Mais la plupart des Allemands et des Arméniens furent bientôt polonisés. Sous la domination polonaise, les Ukrainiens, qui vivaient en majorité dans les quartiers périphériques, furent privés du droit de Magdebourg, octroyé exclusivement aux catholiques. Pour se défendre, les Ukrainiens créèrent des confréries, dont la plus importante fut la Confrérie de la Dormition, laquelle obtint le droit de stauropégie en 1586 [1].
Grâce à l'activité des confréries, Lviv devint un grand centre culturel et religieux. En 1572 commença la construction de l´église de la Dormition; en 1574 parurent les Epîtres des Apôtres, le tout premier livre imprimé en Ukraine.
Dès le milieu du XVIIème siècle, l'importance de Lviv décrut. La bourgeoisie citadine s'appauvrit au profit de la noblesse. La ville fut assiégée par l'armée cosaque de l'hetman Bohdan Khmelnytskyi en octobre 1648 et à l'automne 1655. Les armées turco-tatares causèrent de grands dommages à la fin du XVIIème siècle, de même que les armées suédoises en 1704. En 1761 fut érigée la célèbre cathédrale Saint-Georges, futur siège du métropolite gréco-catholique de Lviv. Le XVIIIe siècle vit le déclin des corporations et l'appauvrissement de la population.

La période autrichienne (1772-1918)
Après la partition de la Pologne (1772), Lviv devint la capitale du territoire appelé "Royaume de Galicie et de Lodomérie", où arrivèrent en grand nombre des administrateurs, des militaires et des commerçants allemands. Lviv connut de nouveau un essor culturel et économique. C'est ici que commença à paraître La Gazette de Léopol (publiée en français à partir de 1776), le tout premier journal sur le territoire de l'Ukraine actuelle. Une université (1784) ainsi qu'un théâtre furent également fondés.
Avec l'augmentation de sa population (30000 en 1776, 70000 en 1857 et 160000 en 1900), Lviv devint une des plus grandes villes de la future Ukraine, après Odessa et Kyïv. Cet essor démographique entraîna une extension de la superficie de la ville: en 1777, les fortifications furent supprimées, remplacées par des boulevards plantés d'arbres; la rivière Poltva fut convertie en canal souterrain; de nouveaux quartiers surgirent. Le développement des voies ferrées contribua à l'expansion de Lviv, qui devint le noeud ferroviaire le plus important de l'empire autrichien, reliant la ville aux grandes villes d'Europe Centrale et Orientale.
Au XIXe siècle se développa l'industrie alimentaire, textile, métallurgique ainsi que la construction. Le nombre des grandes entreprises était en augmentation constante: 9 en 1850, 16 en 1870, 25 en 1902. En 1900, on comptait plus de 10000 ouvriers.
Sous le régime autrichien, une politique plus libérale permit la renaissance culturelle des Ukrainiens à Lviv. Dans le domaine de l'enseignement, ce fut la création du "Studium Ruthenum" (1787); l'activité de la "Triade Ruthène" (1838) enrichit la littérature ukrainienne. Lors du "Printemps des Nations" (1848), un Conseil Suprême Ruthène vit le jour; une chaire de langue et de littérature ukrainienne fut créée à l´Université de Lviv. Ensuite furent fondées l'association culturelle "Prosvita" (1868) et -dans le domaine de la recherche scientifique- la Société Scientifique Chevtchenko (1873). A la veille de la Première Guerre mondiale, Lviv deviendra le plus grand centre d'édition ukrainien: en 1913 y paraissaient 65 périodiques en ukrainien (sur un total de 83) et 299 publications non périodiques (sur un total de 410).
En 1914-1915, la ville fut occupée par les troupes russes, qui persécutèrent les institutions ukrainiennes et déportèrent en Russie le métropolite de Lviv André Cheptytskyi.
Au XIXème siècle, Lviv était également un grand centre politique et culturel pour les Polonais, qui bénéficiaient d'une attitude privilégiée de la part des autorités autrichiennes. En 1817 y fut fondé un institut historique polonais, l'"Ossolineum", avec une riche bibliothèque (300000 volumes), un musée et une imprimerie. Une partie des fonds de cette bibliothèque fut restituée à la Pologne en 1955, et cet institut se trouve aujourd'hui à Wroclaw. Plusieurs journaux polonais paraissaient à Lviv, dont le Kurier Lwowski, auquel collabora pendant une dizaine d'années le grand écrivain ukrainien Ivan Franko.
Les Juifs de Lviv menaient eux aussi une intense activité culturelle et religieuse. Ils avaient plusieurs synagogues, pour la plupart détruites pendant la Seconde Guerre mondiale. Une des rares synagogues ayant survécue, celle des juifs hassidiques, est devenue le centre culturel juif de Lviv.
A la fin du XIXème et au début du XXème siècle, Lviv devint un lieu d'affrontement entre les communautés ukrainienne et polonaise. En octobre 1918, le Conseil National Ukrainien y proclama l'indépendance de l'Ukraine Occidentale. En réaction, les Polonais déclenchèrent des combats armés dans la ville et, à la fin du mois de novembre 1918, le gouvernement ukrainien fut contraint de quitter Lviv pour s'installer à Ternopil.

La période de l'entre-deux-guerres (1919-1939)
Après la Première Guerre mondiale, sous le régime polonais, l'importance de Lviv déclina, la ville devint la capitale d'une voïvodie (province polonaise). Son rôle économique faiblit. Coupé de l'Est, où régnait le système soviétique, Lviv fournissait principalement des produits agricoles à l'Ouest. En 1935, sur plus de 6000 entreprises, près de la moitié appartenaient au secteur alimentaire et le quart au secteur textile, et elles étaient dirigées en majorité par des Polonais et des Juifs. Les Ukrainiens s'organisaient essentiellement en entreprises coopératives.
Durant cette période, l'affrontement polono-ukrainien s'intensifia. Pour lutter contre la discrimination nationale dont ils étaient victimes, les Ukrainiens fondèrent l'Organisation Militaire Ukrainienne (UVO, 1920), puis l'Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN, 1929), toutes deux avec leur quartier général à Lviv et revendiquant l'indépendance des territoires ukrainiens par des actes révolutionnaires. La discrimination dans le domaine de l'enseignement mena à la création de l'Université Secrète Ukrainienne à Lviv, dans les années 20. Sur le plan culturel, l'activité des Ukrainiens était moindre par rapport à la période antérieure. Lviv avait perdu le caractère de foyer culturel, de "Piémont ukrainien".

La période de la Seconde Guerre mondiale (1939-1944)
Lviv connut deux occupations, soviétique -du 22 septembre 1939 au 30 juin 1941, la ville étant alors la capitale d'une oblast (région), -puis allemande. Avant l'arrivée des troupes allemandes, les Soviétiques massacrèrent des milliers d'Ukrainiens et de Polonais, en majorité des intellectuels. Pendant l'occupation allemande, Lviv était le centre du district de Galicie, faisant partie du Gouvernement Général. Le 30 juin 1941, l'Organisation des Nationalistes Ukrainiens proclama la création d'un Etat ukrainien indépendant avec un gouvernement, mais les Allemands en interdirent l'activité. Durant la guerre fonctionnait à Lviv l'organe administratif du Comité Central Ukrainien, dirigé par K. Pankivskyi (1942-1944). Les détachements nazis exterminèrent des dizaines de milliers de Juifs entre 1941 et 1943. La ville comptait 100000 Juifs en 1931, la majorité d'entre eux disparut durant l'holocauste.

La période soviétique (1944-1991)
Le 27 juillet 1944, les Soviétiques occupèrent de nouveau Lviv, cette fois sans livrer bataille. La ville n'avait pas subi de destructions importantes pendant la guerre. Son territoire fut divisé en arrondissements (on en compte 5 aujourd´hui), on donna des noms ukrainiens aux rues ainsi qu'aux institutions administratives et culturelles. En 1951, une section de l'Académie des Sciences d´Ukraine fut créée à Lviv. En revanche, toutes les organisations nationales et religieuses existantes furent radicalement supprimées. En 1946, l'Eglise Gréco-Catholique Ukrainienne fut intégrée de force à l'Eglise Orthodoxe Russe.
Le développement de l'industrie ainsi que le transfert de populations entre l'Ukraine et la Pologne amenèrent de grands changements dans la composition nationale et sociale des habitants de la ville. Alors qu'auparavant la moitié des habitants étaient Polonais, environ 30% Juifs et 20% Ukrainiens, ces proportions changèrent radicalement: il y avait désormais trois quarts d'Ukrainiens, 20% de Russes et un nombre beaucoup plus restreint -environ 2%- de Polonais et de Juifs.
Dans les années 60, Lviv fut un des centres où la "génération des années soixante" prépara le renouveau national, avec l'apparition du mouvement des dissidents, ce qui entraîna des répressions avec arrestations et procès en 1972-1973. C'est aussi à Lviv que l'on vit, à la fin des années 80, de nouvelles manifestations contre la politique anti-ukrainienne du régime. En 1990, l'Eglise Gréco-Catholique Ukrainienne sortit des catacombes, les évêques uniates tinrent leur synode à Lviv, et la cathédrale Saint-Georges fut enfin rendue aux gréco-catholiques.

La période de l´Ukraine indépendante (1991-2000)
Dans l'Etat ukrainien indépendant, Lviv s'efforce de recouvrer le rôle de centre politique, culturel et économique de l'Ukraine Occidentale. On y trouve aujourd'hui 13 établissements d'enseignement supérieur, avec plus de 100000 étudiants. Plusieurs institutions culturelles sont de nouveau actives, dont la plus ancienne, qui avait été supprimée par les Soviétiques -la Société Scientifique Chevtchenko. Plus de 2000 monuments historiques, culturels et architecturaux témoignent d'un passé riche et diversifié.
Sur le plan économique, on compte actuellement à Lviv près de 400 entreprises en joint-venture, représentant toutes les branches de production. La ville est réputée pour sa fabrication d'autobus, de camions, de convoyeurs, de téléviseurs; pour sa construction de machines agricoles comme pour son industrie chimique; dans l´industrie alimentaire, les produits de la firme de confiserie "Svitotch" et de la brasserie "Kolos" ont acquis une grande renommée.
En signe de reconnaissance pour toutes ses réalisations, la ville de Lviv a été élue, en 1998, "ville de l'année" de l'Ukraine; en décembre de la même année, le centre historique de Lviv a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. En mai 1999, c'est à Lviv que s'est tenu le sommet des présidents des pays d'Europe Centrale et Orientale.

[1] indépendance à l'égard de la hiérarchie locale.

"Lemberg, Lwów, Lvov, Lviv", extrait des «Villes multiculturelles en Europe centrale» (Ed. Belin)


Lwów, Lvov, Lviv : de la «petite Vienne» au centre du nationalisme ukrainien.

Joseph Roth se lance dans une description impressionniste de Lemberg fondée sur les contrastes et les ruptures de style. Il y souligne la diversité des populations, des couches sociales, des langues et des cultures, favorisant le paradoxe, l'incongru, faisant se croiser «de jeunes paysannes avec des paniers», «un homme à l'orgue de Barbarie» et non loin, des «dames qui vont à la pâtisserie», portant les «dernières toilettes de Paris», tandis que «dans les rues adjacentes, on bat les tapis». La statue du grand poète polonais «Adam Mickiewicz s'élève au milieu de la grand rue», tandis que «des Juifs en kaftan patrouillent à côté de lui, ce sont les sentinelles du commerce. «Tache bigarrée à l'est de l'Europe», «ville des frontières incertaines», Lemberg est pour lui une sorte de modèle réduit de Vienne où, à cause de la distance d'avec la capitale habsbourgeoise, les formes pures de la culture autrichienne subissent un relâchement populaire, une dégradation paisible, un adoucissement salutaire: «Certaines villes sentent la choucroute et le baroque n'y peut rien», conclut Roth, comme pour contrebalancer encore la splendeur architecturale de la ville par son provincialisme polychrome, rustique et nourricier.

La ville fut fondée comme forteresse vers 1250 par le Prince Danylo de Galicie, chef de la petite principauté de Galicie-Lodomérie que les historiens ukrainiens considèrent, avec leur chef de file Hrushevskyj, comme successeur de la Russie (Rus) kiévaine et à ce titre berceau de l'identité nationale ukrainienne. Conquise au XIVe siècle par le roi Casimir le Grand, elle fut ensuite intégrée au grand-duché de Pologne-Lithuanie et restera polonaise durant plus de 400 ans. Enfin, annexée par l'Autriche en 1772, elle formera durant 146 ans la capitale de la Galicie, le pays le plus oriental de la couronne habsbourgeoise, avant d'être rattachée à la Pologne indépendante en 1923. Après des périodes de continuité assez longues donc, son histoire au XXe siècle est marquée par des ruptures sous le signe des impérialismes totalitaires. Elle sera conquise par les Soviétiques en 1939, par les Nazis en 1941, puis rattachée à nouveau de force à l'URSS à la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à l'indépendance de l'Ukraine en 1991 : une histoire faite de changements de souveraineté, puis de lutte interethniques et idéologiques pour la domination de la ville et de sa région, bien plus qu'un passé partagé.

Les Villes multiculturelles en Europe centrale, Delphine Bechtel, Xavier Galmiche, Collection «Europes centrales», Paris, Belin, 2008, 29 €.